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Alain Médam

Au soir venant. Vivre avant mourir

En librairie le 18 octobre 2019.

Vivre, ce mot auquel on ne pense pas tous les jours prend une dimension particulière quand, mourir, l’autre mot auquel on se refuse de penser tous les jours, se présente à soi avec une certaine persistance.

Le soir venant, veille de la nuit la plus longue…..

Directeur de recherches au CNRS, Alain Médam a publié plusieurs ouvrages portant sur diverses villes et capitales, leur vitalité, créativité et profondeurs historiques. Son attention s’est portée, plus tard, sur les engagements et tourments accompagnant les processus de création, qu’ils concernent des œuvres musicales, picturales ou littéraires. Ici même, au terme de ce parcours de questionnements, il laisse venir à lui ces pensées des derniers jours de vie.

 

Extrait

Présentation : 

«? Le jour où je vais disparaître, je ne serai plus là. » Ces simples mots, parce que je les formule, me sont vertigineux. Comment peut-il se faire que celui qui se trouve être là – moi-même dans l’instant où j’écris ces mots – puisse un jour, en son corps, son esprit, ne plus exister ? Ni ici ni autre part ni pour les uns ni pour les autres ni de quelque façon.

Énigme de la disparition. On admet qu’elle advienne pour quelque objet, quelque existence extérieure à nous-mêmes. Nous ne l’admettons point pour nous. Comment peut-il se faire que ce qui est et qui sait qu’il existe, puisse ne plus être ? Énigme. Scandale. Nous n’y songeons guère parce qu’il nous faut bien demeurer là. Notre existence entière, en vérité, est occupée à dénier notre prochaine non-existence. Ainsi qu’à dénier le fait même qu’elle dénie cela. »

Alain Médam

 

Extrait : « Naissances »

«?L’œuvre, la beauté du monde, la beauté du geste, s’avéreraient ainsi, en ce monde complexe, cruel, inquiétant, que traversent nos années de vie, comme autant de raison de vivre ou du moins de contempler cette existence d’un regard moins perplexe, moins désemparé, que celui qui souvent est nôtre.

Du moins, pourrons-nous nous dire, aurons-nous perçu quelques éclats, quelques lueurs, tout  en passant notre chemin. Quelques sommets. Quelques infinis. Quelques instants divins.

L’idée de Dieu, le désir que l’on peut avoir de faire corps avec une croyance, de livrer son âme à celle-ci, ne procède sans doute, finalement, que de cette compulsion esthétique. Ce ne serait guère le divin, en ce sens, qui rechercherait la beauté pour se revêtir de celle-ci. Ce serait la beauté elle-même qui pour exister pleinement, pour retentir et se ressentir sans réserve en nous-mêmes, se diviniserait comme à notre insu, irradiant en nous jusqu’à nous porter à nos actes de foi. »