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Jean-François Laguionie

Le peintre et le gouverneur

En librairie le 5 mars 2021

Zoltan, le narrateur veut « peindre la vie ». Mais la vie a-t-elle une fin ?... Le directeur de l’école des Beaux-Arts se voit obligé de le renvoyer, car cela est considéré comme dangereux. Libre de toute attache, Zoltan part à l’aventure vers le sud avec sa boîte de peinture. Étranger dans un pays non identifié, sans permis de séjour, il peint indéfiniment un paysage avec passion, jusqu’au moment où le gouverneur de l’endroit entend parler de lui...

Zoltan se trouve alors chargé de faire son portrait. Une proposition impossible à refuser dans ce pays sous contrôle policier. Heureusement pour le peintre, désormais confiné dans un univers kafkaïen, l’homme qu’il est contraint de peindre semble possédé par une quête analogue à la sienne... Un face-à-face étrange, d’essence surréaliste, qu’apprécie différemment Véra, l’amie du peintre... 

Le Peintre et le Gouverneur nous décrit avec beaucoup de finesse l’univers intérieur d’un artiste dans son désir de peindre la réalité.

Auteur de romans et de nouvelles – La vie agitée des eaux dormantes (Folies d’encre), Louise en hiver (Éditions Delatour) – Jean-François Laguionie a fait des études de dessin et de théâtre avant de créer un studio de films d’animation dans les Cévennes. De 1963 à nos jours, il a collectionné de nombreux prix, dont la Palme d’or du court-métrage de Cannes pour La Traversée de l’Atlantique à la rame, dont il a été tiré un album chez Gallimard-Folio. L’auteur vit en Bretagne depuis 2005.

 


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François Momal

Le Banc de la victoire

En librairie le 6 novembre 2020. 

L’auteur nous introduit dans l’esprit d’un bawab cairote, c’est-à-dire d’un gardien d’immeuble. Chez le bawab, il y a du concierge à l’occidentale, à savoir porter le courrier, s’occuper du nettoyage de la cage d’escalier et, le cas échéant, rendre de petits services aux locataires ou propriétaires dudit immeuble ; mais il y a aussi, et c’est le plus important, un sentiment de promotion sociale. Tarek, le bawab mis en scène par l’auteur, vient de Haute Égypte, où la pauvreté est assurée à vie. D’être au Caire constitue déjà une promotion. D’avoir affaire à des occupants de l’immeuble tel un officier, un homme important, le valorise chaque jour. 

Et puis, bien évidemment, il y a l’autre face de la vie de Tarek : le manque de femme, la fréquentation des prostituées, l’obligation d’être un indic pour le commissaire Youssef Charif (avec une attention particulière pour le locataire du septième, l’officier copte de l’Armée de Terre Matta Kassam), son amitié avec Younès, un autre bawab, et, de fil en aiguille, les bêtises, l’engrenage fatal. Tout ceci sous la pression du commissaire qui se fait de plus en plus pressante en cette veille de guerre du Kippour d’octobre 1973.

L’auteur a vécu adolescent trois années au Caire de 1972 à 1975. Il a donc été témoin de la guerre du Kippour vue de l’arrière. Bien évidemment il a puisé dans ses souvenirs encore vifs la matière de ce roman. Souvenirs qui ont été confrontés à d’autres témoignages de cette époque.

 


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Gilles Zerlini

Épuration

En librairie le 9 avril 2021

Louis a quitté son village corse pour combattre sur le front en 1914. Survivant à l’holocauste, il rencontre à son retour Félicité. Ils s’installent à Toulon. Elle lui donne de nombreux enfants. Survient l’Occupation. Dans ce petit peuple mêlé d’ouvriers, marins, prostituées et michetons, tous vont s’aimer et se meurtrir à souhait dans l’espace clos de la ville fortifiée. Le temps est rythmé par le travail. Louis fréquente les bordels où il rencontre l’amour d’une femme. Les Allemands sont là, puis viendront les Alliés. La grande histoire déboule, transformant le quotidien des jours et du labeur des personnages en tragédie.

À travers le destin de ces personnages balayés comme fétus de paille, l’auteur, agissant en véritable « contrebandier de la mémoire », dessine un morceau inattendu d’Histoire, entre Corse et Provence.

Gilles Zerlini vit à Bastia, il est l’auteur de Mauvaises nouvelles (2012), de Chutes (2016) et de Sainte Julie de Corse et autres nouvelles (2019) parus aux éditions Materia Scritta. Son enfance dans un quartier populaire de Toulon, peuplé de marins, d’ouvriers et de prostituées, marque profondément son œuvre. Il fut entre autre chanteur de rock. D’autre part il connaît aussi très bien le monde rural, puisqu’autrefois berger. Il se définit comme un écrivain réaliste, et passe au crible la société de son île en jouant de ses contrastes, de son désespoir et de sa beauté. 

 


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Raphaël Nizan

Sous le ciel vide

En librairie le 18 septembre 2020

L’incendie de Notre-Dame survenu en 2019 plonge brutalement le narrateur dans le souvenir d’un épisode brûlant de sa jeunesse. Trente ans auparavant, il avait 18 ans et se tenait tout en haut des tours avec la belle Ayla, d’un an sa cadette. Rien ne les prédestinait à ce qu’ils allaient vivre, aller toujours plus loin dans le soufre des nuits parisiennes, se perdant toujours plus avant dans les creux et les failles sans fond des ombres qui peuplent les rues, les clubs, le Paris crasseux des hôtels bon marché et des squats. Deux enfants perdus dans les larmes et la rage, cédant frénétiquement à l’urgence de vivre, amants maudits cherchant tant la rédemption que d’échapper à l’absurde d’un monde, fuyant le désamour par le vol d’un amour plus puissant et peut-être, par la littérature.

Mais Sous le ciel vide c’est aussi la jonction entre deux époques, celle de la fin des années 80, qui a laissé toute une génération dans le néant, tiraillée entre la fin des idéologies et de l’espoir, et l’illusion d’une fête sans fin. 

Porté par une langue singulière dont les méandres hypnotisent le lecteur et l’emportent pour lui faire saisir au cœur la réalité d’une époque, ce roman fait surgir du bitume parisien le récit poignant d’une descente aux enfers. 

 

On ne sait rien de Raphaël Nizan si ce n’est qu’il est né à Paris, dans la première moitié des années soixante-dix. Très tôt en butte avec les siens et leur modèle social, il devient dès l’enfance, presque naturellement, adepte d’une école buissonnière, préférant les livres aux cours en classe et les expériences que la vie pourrait lui offrir aux promesses de diplômes et de carrières sûres qui l’effraient plus qu’elles ne le rassurent. La littérature est, aujourd’hui encore, sa seule fidélité et son seul horizon. 

 


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Anton Stoltz

Le Jardin du Lagerkommandant

"Avis aux négationnistes, qui osent encore relever la tête, telle une hydre multipliant d’odieux tentacules : le récit d’Anton Stoltz, d’une remarquable efficacité par le point de vue adopté privilégiant le jardin (sans fleurs) sur la cour (jonchée de cadavres), est une pierre blanche sur le tombeau du souvenir." (Albert Bensoussan La République des livres 24 11 2020)

Automne 1943. Dans le camp d’extermination d’Auschwitz, Anna, la femme de l’Untersturmführer Hans Nebel chargé de la comptabilité et du fichier du camp d’Auschwitz, désire ardemment posséder un jardin comme celui du Lagerkommandant, agrémenté d’une serre, où pourraient être cultivés des fruits exotiques... 

Le récit est mené du point de vue d’Anna. Celle-ci mène une existence plutôt tranquille et confortable dans une « villa » située à quelques kilomètres du camp d’extermination, et est tenue par son mari dans l’ignorance du fonctionnement exact de la gigantesque machine de mort en cours. Sa préoccupation principale est d’élever ses enfants et de mener une vie mondaine en compagnie d’autres femmes d’officiers SS, tout en employant à son service des détenus juifs ou fondamentalistes, dont la survie dépend du bon vouloir de la maîtresse de maison.

Ce roman, d'une rare puissance d'évocation et d'une grande force d'écriture, apporte un autre éclairage et un angle inédit sur l'une des pages les plus sombres du nazisme. 

Anton Stoltz est un écrivain canadien né à Sherbrooke. Après des études en histoire et en économie, il a passé un certain nombre d’années à l’étranger, où il a travaillé à titre de traducteur au sein de diverses entreprises et organisations. Le Jardin du Lagerkommandant est son premier roman. 978-2-86231-296-5. 192 pages, 19 €


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Franck Renevier

Le conte de la caravane perdue

En librairie le 14 mai 2021

Un archiviste de la ville imaginaire d’Alika, en Algérie, retrouve les traces de la fondation de sa ville à l’endroit où eut lieu la résidence forcée de deux caravanes de marchands venues de Tunisie, au moment de la conquête de l’Algérie par la France. Le manque de femmes dans cette société confinée va produire un phénomène inédit en pays musulman : une sorte de matriarcat qui va durer le temps d’une génération. Cette découverte – qui heurte les autorités conservatrices actuelles – va bientôt rendre célèbre l’archiviste Mohamed Bourrichi dans l’Algérie contemporaine et déterminer son ascension à la tête d’un état algérien de fiction. En résumé, un récit plein d’humour très documenté, doté de toute la poésie du conte oriental.

Orphelin de père, Franck Renevier a été élevé par son grand-père, le préfet Georges Zerbini, corse et pied-noir. À l’instar de Camus, sa famille a toujours milité pour une indépendance multicommunautaire de l’Algérie. Sociologue et designer, il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Le trou du souffleur (Seuil) ou Livre de recettes pour les amoureux en difficulté (Grasset).

 


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