Panier: 0

Nadeau, Maurice

Soixante ans de journalisme littéraire - Les années Lettres Nouvelles

En librairie depuis le  8 octobre 2020.

Succédant aux Années Combat (1945-1951), ce second tome de Soixante ans de journalisme littéraire, préfacé par Tiphaine Samoyault, rassemble l’intégralité des textes littéraires de Maurice Nadeau parus de 1952 à fin 1965 dans les journaux L’Observateur et L’Express, Le Mercure de France, Les Temps Modernes et sa propre revue Les Lettres Nouvelles.

Soixante ans de journalisme littéraire bénéficie du soutien du Centre National du Livre au motif qu’il représente, outre « un travail éditorial impeccable », « un outil de premier ordre pour les chercheurs qui travaillent sur l’âge d’or de la critique. » 

Soixante ans de journalisme littéraire relate un itinéraire hors du commun où édition, journalisme littéraire et batailles d’idées sont étroitement mêlés pour définir en creux une personnalité. Les années Lettres Nouvelles c’est Sade, Gide, Léautaud, Artaud, Giono, Malraux, Céline, Cendrars, Sartre, Camus, Miller, Queneau, Blanchot, Genet, Beckett, Barthes, Bataille, Simon, Char ou Michaux. 

Un recueil où s’affirme, dans la dénonciation de la torture en Algérie et la défense des écrivains contre l’étouffoir stalinien, une puissance d’analyse littéraire et politique hors du commun, durant ces années de la décolonisation, de la crise du stalinisme et de l’avènement de la société de consommation.

Un tome III couvrira prochainement les années de la parution de La Quinzaine littéraire que Maurice Nadeau a fondée et dirigée pendant 47 années (1966-2013). 978-2-86231-282-8. 1600 pages 39 €.

Maurice Nadeau (1911-2013) a commencé en 1945 sa carrière à Combat, le quotidien d’Albert Camus et Pascal Pia. Il y a dirigé une page littéraire hebdomadaire de 1946 à fin 1951. Puis critique littéraire à France Observateur et à L’Express, il fut aussi directeur de collection chez Corrêa où il a fait connaître Malcolm Lowry, Henry Miller et Lawrence Durrell. Tout en animant sa revue, Les Lettres Nouvelles, de 1956 à 1976, il a poursuivi son travail de découvreur chez Julliard (Bruno Schulz, Witold Gombrowicz, Georges Perec) puis chez Denoël (Walter Benjamin, Hector Bianciotti, Varlam Chalamov, Angelo Rinaldi, Leonardo Sciascia) avant de fonder sa propre maison d’édition. Il y a édité notamment parmi les plus connus, Thomas Bernhard, J.?M. Coetzee, Stig Dagerman, Michel Houellebecq, Mathieu Riboulet. Fondateur de La Quinzaine littéraire qu’il a dirigé de 1966 jusqu’à sa mort en 2013, il a fédéré autour de lui un ensemble de collaborateurs qui aujourd’hui animent collectivement la revue littéraire en ligne En attendant Nadeau, co-dirigée par Tiphaine Samoyault et Jean Lacoste.

 

 

En savoir plus...

Nouvelles recensions :

Marc Verlynde sur le blog littéraire La Viduité fait une remarquable analyse du travail et des motivations de Maurice Nadeau :

"Politique du roman, passion toujours de la découverte d’une voix et d’une conscience littéraire, énorme et décisive contribution surtout à la formation critique de son époque. Ce recueil de tous les articles critiques de Maurice Nadeau est d’une lecture constamment passionnante tant elle fait partager une exigence: la nécessité de comprendre le monde à travers ceux qui l’écrivent. Témoignage d’un moment historique et surtout de son élaboration contre toutes mythologies, récits faciles et falsifiés.

Comment critiquer un critique ? Pourquoi oser se targuer de parler d’un homme qui a su, au moment de leur parution (quand il n’en était pas à l’origine par son admirable travail d’éditeur) accompagner la parole de tout ceux qu’il importe de lire. On pourrait tenter de résumer ainsi cette somme de plus de 1500 pages : ce deuxième tome de Soixante ans de ans de journalisme littérairefait partie des rares qui vous invite à continuer à lire, vous en rappelle l’urgence, la compréhension, le parti-pris pour ne point dire l’engagement dans le monde. Continuer encore à s’intéresser aux premiers romans, déchiffrer ceux dont on parle peu ailleurs, se tourner comme le fit toujours Maurice Nadeau vers la littérature étrangère. On peut aussi le dire ainsi : ce très épais volume, d’une très dense police, une fois fini vous donne très envie de connaître la suite, de poursuivre cette impression, s’il me fallait être prétentieux, de compagnonnage très souvent éprouvée. Au fond vouloir savoir comment Maurice Nadeau a pu poursuivre l’exigence d’une revue littéraire, d’un admirable travail éditorial et, surtout, comment les éditions à son nom parviendront à publier le troisième et dernier tome de cet admirable biographie intellectuelle." 

Lire l'article en entier :
 
 
Et dans La République des livres de Pierre Assouline : "Maurice Nadeau, le grand décapeur"

"On n'assiste pas souvent à une grande leçon de critique littéraire. Celle que nous offre Maurice Nadeau (1911-2013) d'outre-tombe a des relents testamentaires en un temps où la critique journalistique n'est plus que l'ombre de ce qu'elle fut. Elle est d'autant plus percutante qu'il ne s'y donnait pas pour un maitre, n'ayant pas de disciple. Pas le genre à faire la leçon à qui que ce fut. Avec la parution de Soixante ans de journalisme littéraire. Les années “Lettres Nouvelles”  (1600 pages, 39 euros, éditions Maurice Nadeau/ Les Lettres nouvelles), qui couvre la période 1952-1965, nous disposons désormais de son ars poetica. Face à l'énormité de ce second volume d'anthologie de ses articles préfacé par Thiphaine Samoyault, l'esprit encore plein des souvenirs de lecture du premier, j'avais l'intention d'y picorer au hasard, par sauts et gambades, comme on peut le faire de certains dictionnaires. Et puis le confinement aidant (c'était en mars dernier), je me suis laissé emporter en lisant l'intégralité dans l'ordre chronologique de parution des articles. Tous les Nadeau s'y trouvent : le critique bien sûr mais aussi l'éditeur, le directeur de revue, le juré et le grand lecteur, tout simplement."

 

Un article de Jean-Louis Coatrieux dans Le Capital des mots :

http://www.le-capital-des-mots.fr/2020/07/le-capital-des-mots-jean-louis-coatrieux.html

ainsi que sur le site de la revue Traversées :

https://revue-traversees.com/2020/07/14/maurice-nadeau-le-journalisme-litteraire-plus-quune-passion-une-vie/

Extrait :

"Impossible bien entendu de lire un tel ouvrage au fil de l’eau. Car s’il s’ouvre sur Albert Camus, Julien Gracq, Samuel Beckett, Edgar Morin, un vrai festin pour le lecteur, l’ensemble est à picorer au hasard des pages et des noms, connus ou inconnus. Toutes les grandes figures littéraires contemporaines de notre pays sont là, certaines plus que d’autres comme Paul Léautaud, Henri Michaux, Simone de Beauvoir, Maurice Blanchot, Raymond Queneau, Marguerite Duras, Claude Sarraute, Roland Barthes, Michel Leiris, Claude Simon, Romain Gary. Force est de constater aussi une certaine parcimonie dans les comptes rendus des œuvres de Sartre et de Malraux (« Les mots » pour le premier, « La métamorphose des Dieux » pour le second font exception). Quelques retours en arrière ponctuels avec Baudelaire, Kafka et Mallarmé. Maurice Nadeau analyse, critique, en résume parfois, rarement, l’histoire. Il n’hésite pas à dire et à répéter son admiration pour William Faulkner, Proust et Céline."

 

un article de fond de René Ceccatty dans Les Lettres Françaises (juillet-août 2020) sous le titre "Probité de Maurice Nadeau"

Extrait : 

"Probité est le premier mot qui vient à l’esprit quand on lit les critiques de Maurice Nadeau, dont le deuxième tome, qui recoupe des années cruciales dans l’histoire littéraire française (1952-1965) et dans la carrière professionnelle de l’auteur (qui fonde ses propres Lettres nouvelles et donne donc le ton de ce qu’il estime être une littérature essentielle). Une probité qui se manifeste particulièrement dans ses attaques de livres qu’il n’aime pas ou de positions intellectuelles qu’il réprouve. Car alors il est rare qu’il ne précise pas les limites de ses propres points de vue, ses raisons, et qu’il ne reconnaisse pas à l’adversaire des qualités. On sait les reproches qu’il fit à Aragon, qui n’était pas son ami, et de manière plus générale et idéologique aux dérives staliniennes du communisme. Mais il n’allait jamais jusqu’à l’acharnement ou à l’oukase, loin de là, on le verra. Et jamais jusqu’à la condamnation de principe. Probité est du reste le mot dont il usera pour définir ce que doit être, selon lui, le rapport d’un écrivain à la littérature, dans son premier éditorial ou sa note d’intention définissant, dans leur premier numéro, Les Lettres nouvelles : « Nous voulons donner à cette voix la possibilité de se faire mieux entendre, en laissant les gloires assises à leur admiration mutuelle, les vedettes et chefs de files à leurs querelles ou leurs parades, en accueillant tous ceux qui ont quelque chose à dire et qui s’efforcent de le dire aussi bien que possible. Il suffit que le moins averti de leurs lecteurs perçoive l’adéquation de leurs moyens à la fin qu’ils se sont donnée, autrement dit : leur probité. »..."

Retour

€ 39.00