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Jean-François Laguionie

Le peintre et le gouverneur

En librairie le 5 mars 2021

Zoltan, le narrateur veut « peindre la vie ». Mais la vie a-t-elle une fin ?... Le directeur de l’école des Beaux-Arts se voit obligé de le renvoyer, car cela est considéré comme dangereux. Libre de toute attache, Zoltan part à l’aventure vers le sud avec sa boîte de peinture. Étranger dans un pays non identifié, sans permis de séjour, il peint indéfiniment un paysage avec passion, jusqu’au moment où le gouverneur de l’endroit entend parler de lui...

Zoltan se trouve alors chargé de faire son portrait. Une proposition impossible à refuser dans ce pays sous contrôle policier. Heureusement pour le peintre, désormais confiné dans un univers kafkaïen, l’homme qu’il est contraint de peindre semble possédé par une quête analogue à la sienne... Un face-à-face étrange, d’essence surréaliste, qu’apprécie différemment Véra, l’amie du peintre... 

Le Peintre et le Gouverneur nous décrit avec beaucoup de finesse l’univers intérieur d’un artiste dans son désir de peindre la réalité.

Auteur de romans et de nouvelles – La vie agitée des eaux dormantes (Folies d’encre), Louise en hiver (Éditions Delatour) – Jean-François Laguionie a fait des études de dessin et de théâtre avant de créer un studio de films d’animation dans les Cévennes. De 1963 à nos jours, il a collectionné de nombreux prix, dont la Palme d’or du court-métrage de Cannes pour La Traversée de l’Atlantique à la rame, dont il a été tiré un album chez Gallimard-Folio. L’auteur vit en Bretagne depuis 2005.

 

Extrait

Extrait 1

« J’étais épuisé, ivre de peinture. Jamais je n’avais osé peindre jusqu’à la nuit. Jamais encore le fait de peindre ne m’était paru aussi exclusif, ôtant toute notion du temps passé, comme une drogue se répand dans tout le corps en un flot bienfaisant… Le directeur des Beaux-Arts avait vu juste : j’essayais de peindre la vie !... Quelle prétention ! Était-ce pour cette raison que j’avais été puni ? Pour le bonheur que j’affichais, pour cette conscience impossible à décrire dont je ne me départirai jamais ?... Car je venais de les repousser ces limites, de façon inespérée. Auparavant déjà, je peignais ce que j’avais devant moi, avec émotion et sans rien omettre, mais c’était derrière les vitres de l’École. Maintenant j’étais DANS le paysage ! Totalement immergé dans la peinture, avec ses autres dimensions, l’odeur de l’eau morte, les cris des oiseaux, le froissement des roseaux et le temps incommensurable !... Je finis la bouteille de vin, puis j’éclatai de rire, un rire que j’adressai à la nuit, au paysage qui avait disparu mais que je retrouverais chaque matin… toujours le même et toujours différent… »

Extrait 2

« Nous marchâmes un peu sans dire un mot. Le jour tombait, les passants se faisaient rares, et tout à coup, comme nous venions de tourner le coin d’une autre ruelle, elle se colla à moi de tout son corps. J’avais désiré cela de toutes mes forces, mais sans y croire. Mes bras se refermèrent sur une taille d’une souplesse attendue. Nos lèvres se cherchaient. Nous dûmes nous appuyer contre un mur. Je sentais les deux petits os de ses hanches. Un instant d’éternité – je pris le temps d’y penser – qui ne se reproduirait jamais, dussé-je vivre mille ans. En détournant la tête enfin, je plongeai mon visage dans ses cheveux… Ils sentaient le sel.

Véra était la première femme. Elle s’en aperçut sans peine. Mes doigts, mon corps, mon cœur ne savaient à qui s’adresser ni comment. Ce fut un chemin difficile. Son désir était comme la surface de l’eau, et m’offrait le soir un nouvel éclairage, une couleur inattendue… »

 

 

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€ 17.00 € 9.99

En librairie le 5 avril 2021

Zoltan, le narrateur veut « peindre la vie ». Mais la vie a-t-elle une fin ?... Le directeur de l’école des Beaux-Arts se voit obligé de le renvoyer, car cela est considéré comme dangereux. Libre de toute attache, Zoltan part à l’aventure vers le sud avec sa boîte de peinture. Étranger dans un pays non identifié, sans permis de séjour, il peint indéfiniment un paysage avec passion, jusqu’au moment où le gouverneur de l’endroit entend parler de lui...

Zoltan se trouve alors chargé de faire son portrait. Une proposition impossible à refuser dans ce pays sous contrôle policier. Heureusement pour le peintre, désormais confiné dans un univers kafkaïen, l’homme qu’il est contraint de peindre semble possédé par une quête analogue à la sienne... Un face-à-face étrange, d’essence surréaliste, qu’apprécie différemment Véra, l’amie du peintre... 

Le Peintre et le Gouverneur nous décrit avec beaucoup de finesse l’univers intérieur d’un artiste dans son désir de peindre la réalité.

Auteur de romans et de nouvelles – La vie agitée des eaux dormantes (Folies d’encre), Louise en hiver (Éditions Delatour) – Jean-François Laguionie a fait des études de dessin et de théâtre avant de créer un studio de films d’animation dans les Cévennes. De 1963 à nos jours, il a collectionné de nombreux prix, dont la Palme d’or du court-métrage de Cannes pour La Traversée de l’Atlantique à la rame, dont il a été tiré un album chez Gallimard-Folio. L’auteur vit en Bretagne depuis 2005.