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Laguionie Jean-François

Un bateau dans le jardin suivi de La Traversée de l'Atlantique

Un bateau dans le jardin : 1er juillet 1895... Le capitaine Joshua Slocum appareille de Boston pour le premier tour du monde à la voile en solitaire... 1er juillet 1950... Pierre, modeste représentant de commerce, commence la construction d’un bateau dans le jardin d’un pavillon de banlieue en région parisienne... Deux voyages bien différents mais tout aussi aventureux qui vont durer l’un et l’autre plusieurs années. Avec l’aide du journal de bord de Slocum, François, onze ans, participe aux deux aventures... Mais à mesure que le temps passe et que le bateau grandit, François se pose la question : le bateau va t-il réellement les emmener tous les trois en dehors des quatre murs du jardin ?... 

La Traversée de l’Atlantique à la rame : « La barque qui s’est échouée sur une plage de Cornouaille était couverte d’algues et de coquillages... Les mouettes tournaient autour en poussant des cris perçants...  À l’intérieur on découvrit un petit cahier trempé par l’eau salée, dans lequel Adélaïde et Jonathan, à tour de rôle, avaient rédigé leur journal de bord...  »

Auteur de romans et de nouvelles – La vie agitée des eaux dormantes (Folies d’encre), Louise en hiver (Éditions Delatour), Le peintre et le gouverneur (Maurice Nadeau) – Jean-François Laguionie a fait des études de dessin et de théâtre avant de créer un studio de films d’animation dans les Cévennes. De 1963 à nos jours, il a collectionné de nombreux prix, dont la Palme d’or du court-métrage de Cannes pour La Traversée de l’Atlantique à la rame, dont il a été tiré un album chez Gallimard-Folio. L’auteur vit en Bretagne depuis 2005. 

978-2-86231-416-7  17 €

Ouvrage illustré de 14 dessins originaux.

 

Extrait

Extrait 1

« Dans la chambre de mes parents se trouvait leur bibliothèque personnelle à laquelle je n’étais pas censé m’intéresser. Ce n’étaient pas des livres vraiment interdits, mais le fait qu’ils soient placés dans le haut du mur et difficiles à atteindre leur donnait un parfum de mystère. Ma mère y mettait sa collection de romances à couverture jaune, dans lesquelles je n’ai jamais trouvé d’informations précises sur le sexe, sinon des atermoiements amoureux qui n’en finissent pas et qui ne m’apportaient rien. Du côté de mon père, se trouvait sa bibliothèque maritime. Des livres de voyage, un dictionnaire de la mer et des marins… et un petit livre très abîmé : le journal de bord de Joshua Slocum, « navigateur disparu en mer en novembre 1909… L’honneur suprême des marins. Le premier navigateur ayant fait le tour du monde à la voile en solitaire !.. » 

Sur la couverture, la photo d’un homme rude et fier, à la barre de son bateau ! Son visage est couvert de rides, brûlé par le sel et le soleil. Il regarde au loin, très loin, sans doute sur l’horizon. Que peut-il regarder d’autre ?…

Le petit livre atterrit le soir même sous mon oreiller : 

« 1er juillet 1895… Appareillé à 9 h 30 du matin. Doublé le cap Sable à 4 h 30 de l’après-midi… Vitesse : 8 nœuds… Brise fraîche de N.O… Je me trouve seul désormais, sur l’Océan sans limites… Je n’arrive pas à y croire… »

 

 

Extrait 2

« Le retournement fut un moment magique. Depuis la fenêtre de la cuisine, nous vîmes le bateau s’élever dans les airs. De temps en temps, il s’arrêtait. Le lierre avait poussé sur une partie de la coque et le jardin semblait vouloir le retenir. En s’arrachant, il gémissait, craquait de partout. J’avais peur qu’il éclate en morceaux. Mais, à l’aide de poulies fixées aux différentes fenêtres de la maison, il fit doucement son retournement, comme un gros bébé stupide que l’on veut mettre sur le dos. Avant que le grutier reparte avec son engin, on lui servit un verre de vin. Mon père cueillit les derniers iris pour en faire un bouquet et on lui demanda de faire la photo (photo n° 12 en contre-plongée mal cadrée) ma mère et moi serrés contre mon père qui était enfin rayonnant, en équilibre sur la pointe du navire !...

 J’ai gardé longtemps cette photo, comme un témoignage émouvant de notre voyage immobile. Ma mère a le bouquet dans une main, auquel elle a ajouté trois marguerites et deux coquelicots. De l’autre elle se cramponne à l’épaule de mon père. Celui-ci a la main sur la hanche, l’autre bras m’enserre entièrement contre sa cuisse, comme s’il voulait m’empêcher de tomber. Ne sachant quelle attitude adopter, je regarde l’objectif avec de grands yeux. Mais je suis heureux de cette journée. La contre-plongée nous embellit. Elle nous donne une stature héroïque, comme dans une peinture du réalisme socialiste… »

 

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€ 17.00