En librairie le 7 février 2025
« Maman se suicide vendredi ». Noémie et Katia, la narratrice, se soumettent au dernier caprice de leur mère. Recluses dans l’appartement maternel où gisent les souvenirs de leur enfance (des vieilles pantoufles et des objets bons pour la casse), elles vont trouver un territoire commun.
Une écriture vive, non dénuée d’humour noir, dessine les contours insolites de cet absurde compte à rebours. Tout l’art de Marianne Maury Kaufmann se révèle dans ces pages franches jusqu’à l’impudeur.
Marianne Maury Kaufmann est illustratrice de presse. Elle a créé en 2005 le personnage populaire de Gloria, dans divers magazines belges et français. Maman se suicide vendredi fait suite à Pas de chichis ! (nouvelles, Fayard 2013), Dédé, enfant de salaud, (roman, Fayard 2014), Varsovie-les Lilas (roman, Héloïse d’Ormesson 2019) et Ciment (roman, Cent mille milliards 2023).
« Lorsque je suis descendue prendre le petit déjeuner, j’avais une tête épouvantable et je pouvais à peine ouvrir les yeux. La dame qui servait le café à l’hôtel m’a demandé si j’avais bien dormi, j’ai failli lui dire la vérité, mais finalement j’ai dit oui, ce qui m’a procuré un sentiment de maitrise immédiatement supplanté par un sentiment de faiblesse lorsque j’ai ajouté, sans préméditation :
« Maman se suicide vendredi », ce à quoi la vieille dame a répondu : « très bien, très bien ». »
« Nous avons allumé les chauffe-plats, mais ces bougies si petites produisaient une lumière affreusement vive, qui imprimait au visage de Claudie comme des spasmes. Noémie les déménagea à la hâte sur la commode, puis elle se tourna vers moi et me demanda :
— Tu crois que ça arrive souvent que des gens se suicident comme ça, chez eux ?
— Oui, j’ai répondu, très souvent, c’est banal.
Noémie a alors sorti un petit cigare de la boîte, et l’a passé sous son nez en faisant une grimace. Je lui ai demandé pourquoi elle était venue. Elle a regardé le cigare comme si la réponse était inscrite dessus, puis elle a relevé la tête et elle a dit :
— Parce que se suicider seule, ça doit pas être marrant. »
Dans Le Monde des livres du 7 février 2025, sous le titre "La dernière nuit de Claudie", Lanwenn Huon rends compte de "Maman se suicide vendredi". "(...) dans cette nuit interminable, on apprend que Claudie est une rescapée de la Shoah. Avec beaucoup de délicatesse, Marianne Maury Kaufmann déploie dans sa langue une force propre aux enfants : directe et sensible, elle dit l'amour qui résiste."
Dans Télérama du 11 février 2025, Marine Landrot rends compte, avec trois TTT, du livre de Marianne Maury Kaufmann. Extrait :
le sens de cette expérience pour ses filles s'expose en mille nuances. Leur cheminement l’une vers l'autre, et chacune vers elle-même, est d'autant plus bouleversant qu'il est creusé de sillons de franchise, de rancœur, de gêne, pour finir par s'aplanir comme une terre meuble, promise à de nouveaux semis quand la légèreté sera revenue, « au prix de beaucoup de volonté, de temps,« et avec l’aide d'un psy costaud ».
Dans Livre hebdo, sous le titre "Compte à rebours" Sean Rose rends compte de "Maman se suicide vendredi".
"La narratrice de Marianne Maury Kaufmann raconte la mort programmée de sa mère avec une verve tendre, non exempte d'humour noir. (...) Claudie a certes eu deux filles,
aujourd'hui des femmes adultes, mais elle entend bien prendre sa fin de vie en main. Elle en a lixé le jour, ce sera vendredi, c'est décidé ! (...) Dans ce roman grave et tendre, mais non exempt d'humour, Marianne Maury Kaufmann dit toute la complexité des relations parent - enfant, surtout lorsque le parent n'a pas pu être un enfant, et interroge le mystère de l'élan vital qui fait survivre au pire que seul rédime l'amour. Claudie avait été déjà morte : petite fille, elle avait connu les camps."
€ 18.00 € 10.99